Protocole et méthodologie

Protocole et méthodologie

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I. Authentification par l'étude des techniques antiques :

A. Méthodologie de travail : l'examen de visu

L’étude technique nécessite que les bijoux et objets soient manipulés afin de permettre un examen complet. Ce dernier s’effectue en deux phases.
La première phase consiste en une observation minutieuse de chaque bijou ou objet, à l’aide de loupes achromatiques d’un grossissement de 10 à 30 fois, d’une loupe binoculaire Bresser Researcher ICD (x 40 à x80), d'une balance de précision homologuée KERN (précision 0,01 gr) et d'une pierre de touche. Ce matériel présente néanmoins certaines limites, et il est des explications qui ne pourront être données sans un outillage plus perfectionné.
Si cela s’avère nécessaire, les bijoux pourront être soumis à un examen plus poussé, pratiqué à l’aide d’un microscope électronique à balayage (M.E.B.).
Cet examen s’accompagne de macrophotographies et/ou de microphotographies numériques. Leur projection sur écran et leur étude constituent la seconde phase. Elles permettent, le plus souvent, la vérification des données et des hypothèses issues de la première phase de notre travail. Elles sont surtout indispensables pour mesurer les épaisseurs et les calibres.


Note des Experts :
Il est important de signaler que le temps nécessaire à l'étude d'une pièce ne peut être estimé qu'après observation de celle-ci, de visu ou en photographie.
Précisons également que si certains bijoux ou objets ne demandent qu'une heure d'examen, d'autres peuvent en nécessiter plusieurs.
De part notre expérience, nous estimons que la durée maximum pour l'expertise d'une seule pièce est de trois (3) jours.



B. Objectifs de l'étude technique :


Identification des procédés et des procédures employés pour la fabrication des bijoux : fonte, martelage, travail de la feuille en volume, techniques ornementales (ciselure, gravure…), finitions.
Identification des éléments structurels (les différentes parties de chaque bijou).
Identification des éléments décoratifs (fils, granules, globules, etc.).
      sans ajout de matière : repoussé, ciselure, gravure, estampage
      avec ajout de même type de matière : fils, granules, globules
      avec ajout d’ornements non métalliques : pierres fines et précieuses, pâtes de verre, émail, corail, nacre, etc.

Observation des méthodes d’assemblage des éléments structurels et ornementaux : par soudure (à l’alliage, aux sels de cuivre, autogène), par pliage, par rivetage, par fils et à charnière.

Étude des surfaces : la recherche des joints, des traces d’outils utilisés pour la fabrication, les découpes, les mises en forme, les retouches, la mise en place des décors, la finition, etc.…
Tracéologie : discipline scientifique qui vise à l’identification des outils employés lors des différentes étapes de fabrication, à partir de l’examen des traces visibles. Nous cherchons ainsi à définir les formes, types et dimensions des outils utilisés par l’orfèvre, le bijoutier ou le toreute, pour la décoration, découpe et mise en forme des pièces.

Dimensions des éléments structurels (feuilles et plaques d’or) et ornementaux (fils et granules).
Par projection sur écran des macro et microphotographies réalisées lors de la première phase de l'étude.

Détection et identification des réparations antiques, des restaurations modernes (19e et 20e siècles notamment), des nettoyages, des remontages.


Identification des pastiches et des contrefaçons.
Examen des traces d’usure, des patines (naturelles ou artificielles).


Les résultats obtenus après examen des pièces considérées comme douteuses (contrefaçons, pièces restaurées à l’époque moderne ou réparées au cours de l’antiquité), des pastiches ou des copies produites au XIXe ou XXe siècles, seront comparés pour les techniques et les alliages de façon à établir des critères de différenciation. Restaurer un bijou au XIXe siècle notamment, pouvait être synonyme de reconstruction partielle ou totale, et c’est ainsi que l’on cherchait à rendre à l’objet, son aspect originel, celui qu’il devait avoir, ou qu’il était supposé avoir lors de sa création. Cela signifiait donc de retoucher, ressouder, rectifier des pièces accidentées, mais également de fabriquer des éléments manquants ou d’en ajouter. Le moderne pouvait donc à l’occasion s’associer à l’antique pour donner naissance à ce que l’on nomme désormais « pasticcio ». Il faut rappeler néanmoins que le restaurateur improvisé était bien souvent un bijoutier ou un orfèvre, et que la notion d’authenticité revêtait alors une signification que nous ne lui connaissons plus aujourd’hui. Par ailleurs, ces travaux de restauration n’ont été consignés qu’exceptionnellement, et, en conséquence, le chercheur doit déterminer par lui-même, si l’objet qu’il étudie y a été soumis et dans quelles proportions.



II. Étude globale appliquée aux bijoux et objets antiques authentifiés :

Étude scientifique, documentaire et iconographique :


Notre première ressource est notre photothèque, riche de plusieurs milliers de clichés et macro photographies prises dans de nombreuses collections publiques françaises et étrangères :

 

Musée du Louvre ; Musée gallo-romain Lyon-Fourvière ; Musée des beaux-arts de Lyon ; Musée des Antiquités Nationales de Saint-Germain-en-Laye ;

Cabinet des Médailles de Paris ; Musée Archéologique de Nîmes ; Musée archéologique de Dijon ; Musée Dobrée de Nantes, etc.

Musée Égyptien du Caire ; Musée Gréco-Romain d'Alexandrie  ; British Museum  ; Ashmolean Museum d’Oxford  ; Metropolitan Museum et Brooklyn

Rheinisches Landesmuseum de Bonn ; Musée Royal de Mariemont, etc.


Elle représente une indispensable base de données qu’il nous est possible de consulter à tout instant, aussi bien pour trouver des parallèles morphologiques, stylistiques ou iconographiques, que pour comparer des techniques et des méthodes de productions antiques avec celles identifiées sur les bijoux ou objets soumis à notre examen.  

Cependant, nos connaissances et notre documentation personnelle ne peuvent suffire pour satisfaire aux critères de ce que nous nommons "l'étude globale". Rappelons ici que la pluridisciplinarité est le principe de base sur lequel repose "l'étude globale".


Les informations nécessaires proviennent de plusieurs sources : stylistique, archéologie (comparaison avec des pièces existantes), sources littéraires, papyrologie (pour la période tardive), ainsi qu’une recherche sur les supports artistiques (statuaire, sculpture, terre cuite, peinture, monnaies, etc.).

Dans ce but il est indispensable d'élargir et d'amplifier la recherche, et cela par deux actions simultanées et complémentaires :


Poursuite des recherches dans les documentations et les bibliothèques non accessibles au public : Musée du Louvre, Institut National d'Histoire de l'Art, fonds privés, etc.


Consultations de chercheurs spécialisés : Professeurs, enseignants-chercheurs, historiens, historiens d'art, conservateurs, archéologues, restaurateurs, métallurgistes, bijoutiers, physiciens, chimistes, numismates, gemmologues, spécialistes de la glyptique (intailles et camées), etc.   
Cette recherche complémentaire est destinée à replacer, autant que faire ce peu, chaque bijou ou objet dans son contexte historique et son environnement géographique, afin d’essayer d’établir une chronologie aussi précise que possible.
Face à des bijoux dont la provenance n’est que supposée, voire inconnue, l’identification et la connaissance des techniques offre une base de recherche fiable qui tend à mettre en évidence les caractéristiques des régions de production, ainsi que des courants de diffusion des techniques.


Note des experts :

Il est très important de rappeler le caractère aléatoire de toute recherche scientifique. Aussi poussées que puissent être leurs investigations, les experts de la société Aurum Antiquum ne peuvent garantir qu'elles aboutiront à un résultat satisfaisant pour toutes les parties en présence.

En vertu de l'accord de confidentialité qui nous lie à nos clients, nous n'entreprenons aucune démarche, ne contactons aucune personne et ne divulguons aucune information ou photographie sans leur accord préalable. De même, nos clients peuvent être assurés que leur anonymat sera préservé, sauf en cas de demande contraire.

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